Le remorquage

Le remorquage des planeurs est un moyen technique permettant de donner la vitesse et la hauteur nécessaire à l’autonomie du planeur par l’utilisation d’un avion.

remorquage-Rallye-K21          Remorquage DR400

Parallèlement il existe d’autres moyens de mettre en l’air les planeurs comme le treuil ou les systèmes autonomes (moto-planeurs).

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La mise en œuvre du remorquage s’effectue au moyen d’un avion remorqueur, d’un câble de remorquage (non élastique) d’environs 60 mètres muni à ses extrémités d’anneaux standardisés et du planeur tracté.
Idéalement pour le planeur, le remorquage doit permettre un gain de hauteur d’environ 500 mètres en un minimum de temps de façon à minimiser le temps de cycle (décollage, montée, descente, atterrissage) permettant ainsi de minimiser le coût de l’opération et de faire décoller un maximum de planeurs en un minimum de temps.

Le coût du remorquage est indexé sur le temps d’utilisation moteur (souvent compté en 100ème d’heure) depuis l’accrochage du câble au planeur remorqué jusqu’à l’arrêt du moteur de l’avion ou l’accrochage du prochain planeur.

De façon assez grossière, la mission se résume à:

  • atteler un planeur
  • décoller l’attelage le plus promptement possible (passage des 15 m)
  • monter  le plus vite possible à 500 mètres/sol (Vz maximale = Vitesse verticale maximale en montée) à la vitesse de 120 km/h (à adapter à chaque planeur ou génération de planeur) en amenant idéalement le planeur dans une ascendance.
  • Redescendre le plus vite possible
  • larguer le câble de remorquage sur la piste
  • intégrer un circuit de piste et se poser
  • rouler jusqu’au prochain planeur à atteler

Les performances  moyennes actuelles (Avions ou ULM remorqueur) sont d’environ:

  • + 2.5 m/s pour un planeur monoplace remorqué
  • + 1.5 m/s pour un planeur biplace remorqué.

 Remorquage DR400       remorquage par Rallye

Le remorqueur en lui même est, la plupart du temps, un appareil dérivé d’un avion de tourisme (CDN ou ULM) ou bien d’un avion de travail aérien comme l’entraînement ou le travail agricole (Voir l’article sur l’histoire de l’avion remorqueur en bref).

Remorquer des planeurs n’est évidemment pas la vocation première de ces machines et si elles sont prévues pour transporter 2 ou 4 personnes à plus de 200 km/h sur de longues distances, peuvent elles exceller dans l’art de monter efficacement à 120 km/h ?
Il y a bien peu de chance, alors…
Pourquoi, depuis les débuts du vol à voile n’y a t-il pas eu de conception d’avion spécifique ?

Il s’agit en fait d’un marché de niche et, industriellement parlant, il est bien évident que réutiliser un outillage existant pour réaliser un remorqueur de planeur à partir d’un avion de tourisme présente des avantages techniques et financiers.
Il y a en France une centaine de remorqueurs en activité et bien plus en Europe dont l’Allemagne et ambassadrice.

Le monde ULM bien conscient de l’impasse dans laquelle se trouve le vol à voile tente de s’emparer du marché en apportant des machines existantes légères modifiées (moteur 100 CV, essence automobile, crochet, rétroviseur…) n’apportant pas de surcroît de performance ni en montée ni au décollage. Ces aéronefs utilisé pour un travail aérien sont en outres dépourvus de certification.

Nous voyons aujourd’hui des ULM en fibre de carbone totalement adaptés à la vitesse et aux pistes en dur.
Sont elles à ce point des bonnes à tout faire au point de leur demander de voler lentement durant 15 minutes, plein gaz aux grands angles d’incidence, et de se poser  sur une piste en herbe pleine de trous voire sur un champ de cailloux… ?

En d’autres termes, n’y aurait-il pas plus adapté qu’une berline routière 5 places pour tracter (seul à bord) une charrue ?

berline
Avec tout le respect envers le monde agricole et vélivole cette métaphore montre bien l’inadéquation qu’il peut exister dans la combinaison entre des mondes trop distants. Le résultat obtenu de ce mariage ne peut alors qu’être médiocre.

tracteur-john-deere-7280r-et-charrue-kuhn-manager      Un-Porsche-Cayenne-se-prend-pour-un-tracteur-agricole

Il est important d’insister sur ce fait. Les avions de tourisme, qu’ils soient réellement des avions en CDN (DR400, Rallye,…) ou aujourd’hui des ULM ne sont absolument pas adaptés au remorquage des planeurs malgré les adaptations apportés pour trois raisons majeures:

  • Leur mission initiale est trop décalée par rapport au remorquage. Ils sont fait pour emmener une charge, voler vite et consommer peu à cette vitesse.
  • Ils ont une petite hélice et un moteur tournant rapidement. Le rendement propulsif, si il est correct à plus de 200km/h, avec ces vitesses de rotation élevées et ces petits diamètres, ne peut pas l’être à 120km/h et le sera encore moins si l’on augmente la puissance (qui augmentera également la masse).
  • Leur morphologie ne permet par l’augmentation de diamètre d’hélice et leur cellule consomme trop d’énergie à 120km/h (grands angles).

En conclusion:

Compte tenu du fait que la mission de remorquage des planeurs est particulière (faible vitesse de vol et maximisation de la vitesse verticale), il est impossible d’obtenir un bon remorqueur en partant d’un avion ou un ULM de tourisme existant.

Il est donc nécessaire de partir d’une feuille blanche et créer un avion remorqueur spécifique à cette unique mission.
Remorqueur Nout 3/4 avant
PSX Aviation conçoit « Nout » un remorqueur dédié au remorquage des planeurs.
Conçu par des Vélivoles pour les vélivoles, « Nout » est un outil enfin efficace mais surtout efficient pour le vol à voile.

 

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